© Hélène Bamberger/P.O.L.

Nathalie Quintane est poétesse et écrivaine. Depuis 1997, elle s’est imposée dans le monde de la littérature par son style inclassable, ironique et hautement politique. Elle est l’autrice d’une trentaine d’ouvrages, dont Tomates (2010), Que faire des classes moyennes ? (2016), Les enfants vont bien (2019), Tout va bien se passer (2023) aux éditions P.O.L. Elle a récemment publié le texte « Beaucoup d’intentions, assez peu de crimes » dans l’ouvrage collectif Contre la littérature politique (La Fabrique, 2024).

 

Bibliographie

Que faire des classes moyennes ?

P.O.L, 2016

En 1697, John Locke avait trouvé plein de bonnes idées pour occuper les pauvres. Il les résumait dans un bref exposé : « Que faire des pauvres ? » Aujourd’hui, réduits à une foule semi-clandestine ou noyés dans la Méditerranée, les pauvres ne semblent plus être une question. D’après Nathalie Quintane, le véritable problème des sociétés modernes, ce sont les classes moyennes. Nourri par une foultitude de documentation récente, adossé aux meilleurs auteurs, parfois abondamment cités (Nietzsche, Debord, Ballard, aussi bien que Lojkine, Huelin ou Brustier), Que faire des classes moyennes ? nous aide clairement à comprendre en quoi les classes moyennes concourent à l’état déplorable de la société tout entière et peut-être même du monde. Obsessions éducative et résidentielle, compréhension biscornue de ce qu’est la culture (sans parler de l’art), dépolitisation endémique... Comment une population aussi bizarre parvient-elle à se considérer comme normale, renvoyant dès lors les autres à l’anormalité ? Et si les classes moyennes étaient les seules et véritables ennemies de la démocratie ?... Un texte à la fois allègre et assassin, d’autant plus allègre qu’il est assassin ; d’autant plus assassin qu’il est allègre.

Tomates

P.O.L, 2010

Inspiré par l’« affaire de Tarnac », Tomates parle de ce qui se passe au moment où il est écrit (2009). Nathalie Quintane le présente ainsi : « C’est un texte occupé. Pas seulement par moi, malgré les apparences. Un texte occupé par l’imposition d’un style, comme ils disent, par un ton, par des faits, par des manières de rapporter ces faits. De cette occupation, je n’ai pu me défendre que par une préoccupation – une inquiétude. Et par un amateurisme acharné en tout (de la culture des tomates à la culture tout court, de la politique à l’autobiographie). Il ne faudrait pas en attendre une définition, ou une description, valides (encore moins validées) du fascisme, par exemple, même s’il en est souvent question. Je crois qu’on y repère par moments des bribes d’essai, de critique littéraire, une conversation romanesque autofictive, des pamphlets en trois lignes, un lot de syllogismes, et toutes sortes de ressemblances ponctuelles avec des genres existant ou ayant existé. Cela dit, comme je l’ai écrit d’une traite, il me semble qu’il peut se lire d’une traite ; traversé, accompagné, par l’inquiétude – ou l’impression durable d’avoir les boules que je ne pense pas être la seule à avoir ressentie cette année-là. »

Participations à La Manufacture d'idées

  • 23 août 2025

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