© Florencia Trincheri

Verónica Gago est une chercheuse et professeure de sciences politiques argentine. Elle enseigne à la faculté de sciences sociales de l’université de Buenos Aires. Elle est membre du Conseil national de la recherche scientifique et technique. Ses recherches portent sur les mouvements sociaux internationaux, en particulier sur le féminisme et la critique de la raison néolibérale. Elle est membre du collectif anti-féminicide Ni Una Menos (« Pas une de moins »), qui défend la grève comme outil privilégié de transformation radicale. Elle est l’autrice de plusieurs livres traduits dans de nombreuses langues dont Économies populaires et luttes féministes (éditions Raisons d’agir, 2020) et La puissance féministe ou le désir de tout changer (éditions Divergences, 2021).

Bibliographie

La puissance féministe

Éditions Divergences, 2021

L’Amérique du Sud est un des coeurs battants du féminisme contemporain. Des millions de femmes y prennent la rue contre les féminicides, les violences qui frappent les minorités de race et de genre, les lois qui répriment l’avortement et le développement néo-extractiviste. Figure majeure du féminisme latino-américain, Verónica Gago réinscrit ces bouleversements dans l’émergence d’une internationale féministe et propose, avec La puissance féministe, un antidote à tous les discours de culpabilité et de victimisation. En se réappropriant l’arme classique de la grève, en construisant un féminisme populaire, radical et inclusif, les mouvements sud-américains ont initié une véritable révolution. C’est à partir de l’expérience de ces luttes que Gago reconceptualise la question du travail domestique et de la reproduction sociale, expose les limites du populisme de gauche et dialogue avec Spinoza, Marx, Luxemburg ou Federici. Parce qu’il unit la verve politique du manifeste aux ambitions conceptuelles de la théorie, La puissance féministe est un livre majeur pour saisir la portée internationale du féminisme aujourd’hui.

Économies populaires et luttes féministes

Éditions Raisons d'agir, 2020

L’Amérique du Sud est depuis plusieurs décennies un lieu d’expérimentation des politiques néolibérales. L’originalité du travail de Verónica Gago est de les observer « par en bas » et de montrer comment les classes populaires détournent les normes de compétitivité et de rentabilité en faveur d’autres formes de vie et de sociabilité. Dans les économies informelles des marchés populaires, les groupes subalternes s’approprient la rue, inventent d’autres pratiques économiques et mettent en cause la légitimité politique du néolibéralisme.
C’est ce qui se joue dans l’incroyable marché de La Salada à Buenos Aires, lieu par excellence des sociétés bigarrées que décrit Verónica Gago, ou encore dans les ateliers textiles qui emploient l’essentiel des travailleurs migrants. Les luttes féministes contre les violences domestique et économique, contre l’endettement ou la précarité suscitent des formes d’organisation et de contestation locales capables de subvertir de l’intérieur des modes de domination imposés à l’échelle internationale.