Banquet du chef-cuisinier Emmanuel Perrodin
« Il est des cuissons qui couvent au fond des marmites noires, le grand fracas de l’histoire. À la table des frontières n’est pas un simple dîner. C’est une géopolitique du goût, un manifeste comestible où chaque assiette porte en elle la trace de nos exils. C’est la sédimentation charnelle de nos histoires. Du réconfort pourpre d’un bortsch terrien qui défie l’arrogance des empires, jusqu’aux rives de la Méditerranée, le menu est une carte des luttes et des identités. Car l’origine d’un plat est souvent une question d’appropriation, et parfois même de survie. La Sumaghiyyeh gazaouie et le Sabich irako-israélien racontent les déchirements du Proche-Orient ; le Couscous kémia se fait le témoin des exils post-coloniaux ; et la Pavlova rappelle, sous une apparente douceur, la guerre symbolique que se livrent les nations pour la paternité d’un héritage. Les lignes tracées sur le sol n’ont jamais su retenir la mémoire, pas plus que le parfum des foyers laissés derrière soi. L’assiette, parfois, réussit là où les cartes échouent, convoquant par le goût l’âme d’un pays que l’on porte encore en soi. »
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Bortsch
Sumaghiyyeh (sumac, cardons, blettes, tahini et fèves)
Houmous et sabich
Couscous kémia
Pavlova aux mûres
Repas préparé par le chef-cuisinier Emmanuel Perrodin, assisté d’une équipe composée d’élèves du restaurant pédagogique du C.E.S de Salornay Hurigny, de leur formateur Olivier Lafay, et du cuisinier Lakhdar Khalifa-Poulleau.




