© Emil Pacha Valencia

Paul Guillibert est philosophe. Il est chercheur au CNRS et à l’université de Coimbra (Portugal). Ses recherches portent sur la crise écologique, qu’il pense notamment à travers une lecture renouvelée de la philosophie de Marx, en promouvant le concept de « communisme du vivant ». Il élabore une critique écologique du capitalisme à partir d’une histoire environnementale de la pensée marxiste. Il est l’auteur de terre et Capital. Pour un communisme du vivant (2021) et Exploiter les vivants. Une écologie politique du travail (2023) aux éditions Amsterdam.

 

 

Bibliographie

Exploiter les vivants

Amsterdam, 2023

Selon une ritournelle de la politique contemporaine, « l’écologie commence à la maison » : nous serions, en tant qu’individus, les sujets de la transition environnementale. Les pauvres, rétifs au changement, sont traités en barbares à civiliser ou en climato-négationnistes à combattre. A contrario, les citadins éduqués, éclairés et capables de changer de vie, apparaissent comme les seuls agents de la nécessaire transformation des modes de vie et de production. Le scénario de la rupture populaire avec l’écologie et le récit d’une écologie réservée aux riches se renforcent mutuellement.
Pour sortir de ce cadre culpabilisant et stérile, Paul Guillibert traite du grand absent des pensées écologistes : le travail. Il affirme que, de la plantation coloniale au foyer familial, en passant par l’usine, l’écocide résulte de différentes formes d’exploitation du travail (salarié, servile, domestique). Exploitation des humains, certes, mais aussi mise au travail généralisée des vivants. Replacer la production capitaliste au cœur de la crise, c’est rendre possibles de nouvelles alliances entre travailleurs et écologistes, entre humains et autres qu’humains. Et une écologie vraiment émancipatrice.