Depuis ses débuts il y a 15 ans, La Manufacture d’idées vous invite à interroger le monde d’aujourd’hui, à ouvrir le temps de la réflexion, en replaçant les sciences humaines au coeur du débat citoyen et en proposant de faire un léger pas de côté par rapport à l’actualité. Impossible cependant de détourner le regard alors que les bombent frappent les populations iraniennes et libanaises, que la guerre en Ukraine est entrée dans sa cinquième année ou que la situation humanitaire à Gaza est toujours plus préoccupante. Nous tenterons d’apporter un éclairage sur ses situations en ouverture de cette nouvelle édition, en nous appuyant sur le droit international et les expériences de nos invité·es.
Une large partie de la programmation sera à nouveau consacrée aux écologies décoloniales et aux pensées du Sud. Nous évoquerons notamment le rôle de la musique et des arts dans les luttes anticoloniales ou les indépendances africaines, étudierons les liens structurels entre extraction fossile, fouilles archéologiques et constitution des collections muséales occidentales, et approfondirons la notion de justice réparatrice à partir de l’exemple de la dette d’Haïti. Nous poursuivrons également notre réflexion sur les interactions sociales et environnementales à travers des propositions sur l’écomarxisme, le droit des entités naturelles exploitées ou la recherche de nouvelles alliances entre vivants humains et non humains pour aboutir à une écologie émancipatrice.
Autant de « causes communes » que nous aborderons sous la forme d’intelligence sensible qui caractérise le festival, en faisant dialoguer les sciences humaines et les propositions artistiques et en dépassant les clivages entre la théorie et la pratique, entre la pensée et les arts. La rencontre finale de cette 15e Manufacture d’idées portera ainsi sur les danses et les chorégraphies qui s’inventent dans les luttes ou les mouvements sociaux, sur la capacité de ces gestes à ouvrir de nouveaux modes de relation et d’action, sur la façon dont ils nous aident à penser le rapport du corps à la politique, à la vulnérabilité, à la (non)-violence.



