© Kenza Wadimoff

Alain Kassanda est un cinéaste franco-congolais. Natif de Kinshasa, il quitte la République Démocratique du Congo pour la France à l’âge de 13 ans. Après des études de communication, il se lance dans l’organisation de cycles de projections de films dans différents cinémas parisiens sur des sujets politiques liés à l’Afrique et devient programmateur durant cinq ans, avant de s’installer à Ibadan, au sud-ouest du Nigéria, de 2015 à 2019. Il y réalise Trouble Sleep (2020), un moyen métrage centré sur l’univers de la route. Il réalise ensuite le long métrage Colette et Justin (2022), qui entremêle récit familial et histoire de la décolonisation du Congo. Son troisième film, Coconut Head Generation, suit un groupe d’étudiant·e·s de l’université d’Ibadan, la plus ancienne du Nigeria, qui tous les jeudis organise un ciné-club, transformant un petit amphithéâtre en une agora politique où s’affine le regard et s’élabore une parole critique. Le film a reçu le Grand Prix au Cinéma du Réel 2023.

Bibliographie

Coconut Head Generation

2024

Tous les jeudis soirs, l’Université d’Ibadan, grande ville du sud-ouest du Nigeria, abrite un ciné-club. Un lieu safe, où les étudiants et les étudiantes visionnent des films qu’ils prennent le temps de discuter. Dans ce ciné-club sont projetés des films pour parler intersectionnalité, décolonisation, luttes féministes, luttes LGBT, minorités ethniques du pays, droits des étudiants ou élections. Un lieu pour permettre à ces jeunes gens qu’on associe à la « Coconut Head Generation » d’affronter le monde et la société nigériane. Cette expression méprisante qui qualifie la jeunesse de paresseuse et abrutie, les étudiants se l’approprient en la détournant afin d’en faire une force et de revendiquer leur intelligence critique. Au gré des séances, de débats houleux en discours éloquents, les étudiants apprennent à se situer, à marquer leurs différences et à penser ensemble. La salle de cinéma devient un lieu d’éducation autogéré où l’on apprend à lutter et à s’organiser. D’abord très intérieur ­– l’université, la salle de cinéma –, le film s’ouvre quand le réel rattrape le cinéaste et les étudiants au travail. Alain Kassanda suit les révoltes étudiantes d’octobre 2020 qui éclatent contre les violences policières. Alors que les étudiants regardent des films de Med Hondo, de Mahamat Saleh Haroun ou de John Akomfrah, ils deviennent les personnages d’un film de lutte. Le film les regarde s’ouvrir au réel et devenir les acteurs et les actrices d’un changement.

En savoir plus

A voir, à écouter

  • Coconut Head Generation | Bande-annonce
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Participations à La Manufacture d'idées

  • 21 août 2025

    Projection de Coconut Head Generation suivie d’une rencontre