© Francesca Montovani

Felwine Sarr est un philosophe, écrivain, économiste et musicien sénégalais. Il est professeur de philosophie africaine contemporaine et diasporique à Duke University (États-Unis). Depuis 2016, il organise à Dakar les « Ateliers de la Pensée » pour questionner les modèles politiques et économiques existants et réfléchir aux transformations du monde contemporain depuis l’Afrique. Il est l’auteur de Afrotopia (Philippe Rey, 2016), Habiter le monde (Mémoire d’Encrier, 2018), Les lieux qu’habitent mes rêves (Arpenteur, 2022), Le bouddhisme est né à Colobane (Philippe Rey, 2024). Il est coauteur avec Bénedicte Savoy d’un rapport sur la restitution du patrimoine africain, Restituer le patrimoine africain (Seuil, 2018).

Bibliographie

Restituer le patrimoine africain

Philippe Rey / Seuil, 2018

Les guerres ont toujours entraîné des spoliations d’objets et de trésors au détriment des pays vaincus. La France quant à elle a été particulièrement active au cours de ses conquêtes coloniales au XIXe siècle. On compte actuellement dans les collections publiques françaises au moins 88 000 objets provenant de l’Afrique subsaharienne.
Malgré de nombreuses réclamations de pays africains depuis les indépendances, l’État français n’a pas jugé bon d’évoluer sur cette question, arguant de l’inaliénabilité du patrimoine national. Jusqu’au discours du 28 novembre 2017 du président Emmanuel Macron à Ouagadougou, qui annonça la mise en oeuvre dans un délai de cinq ans de « restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique ». Il confia alors à Felwine Sarr et Bénédicte Savoy la mission de consulter les spécialistes en Afrique et en France, et de mener une large réflexion sur ce sujet. Le fruit de cette mission est le présent ouvrage.
Il raconte les spoliations à travers l’histoire mondiale, évalue la part de la France, dresse un premier inventaire des oeuvres spoliées, fait le récit des tentatives des pays africains pour se réapproprier leur patrimoine, analyse les questions juridiques qui se posent, et énonce un certain nombre de recommandations pratiques pour la mise en oeuvre des restitutions, un des chantiers les plus audacieux de ce XXIe siècle.
Un ouvrage passionnant, qui fera date. Car le mouvement de restitution du patrimoine vise non seulement à redonner accès aux Africains à leurs oeuvres, mais aussi à fonder une nouvelle ère dans les relations entre l’Afrique et la France, à écrire une nouvelle page d’histoire partagée et pacifiée.

Afrotopia

Philippe Rey, 2016

L’Afrique n’a personne à rattraper. Elle ne doit plus courir sur les sentiers qu’on lui indique, mais marcher prestement sur le chemin qu’elle se sera choisi. Son statut de fille aînée de l’humanité requiert d’elle de s’extraire de la compétition, de cet âge infantile où les nations se toisent pour savoir qui a accumulé le plus de richesses, de cette course effrénée et irresponsable qui met en danger les conditions sociales et naturelles de la vie.
Sa seule urgence est d’être à la hauteur de ses potentialités. Il lui faut achever sa décolonisation par une rencontre féconde avec elle-même. Dans trente-cinq ans, sa population représentera le quart de celle du globe. Elle en constituera la force vive. Un poids démographique et une vitalité qui feront pencher les équilibres sociaux, politiques, économiques et culturels de la planète. Et pour être cette force motrice, positive, il lui faut accomplir une profonde révolution culturelle avant d’accoucher de l’inédit dont elle est porteuse. Elle doit participer à bâtir une civilisation plus consciente, plus soucieuse de l’équilibre entre les différents ordres, du bien commun, de la dignité. Ce livre est un acte de foi en cette utopie active : une Afrique qui contribue à porter l’humanité à un autre palier.

Participations à La Manufacture d'idées

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