dialogue entre l’historien Pierre-Olivier Dittmar et la philosophe Marta Segarra (Espagne)
L’idée moderne d’animal n’existait pas avant le Moyen Âge, même si les animaux étaient présents en nombre, partageaient leurs territoires et bien d’autres relations avec les humains. L’apparition de la catégorie animal n’a pas seulement créé une coupure entre les humains et le reste du monde, bouleversé les relations à l’environnement et amené une exploitation hors normes du vivant, responsable du désastre écologique contemporain. Elle a aussi transformé les rapports sociaux, des plus collectifs au plus intimes, la maitrise exercée par l’homme sur les bêtes se répercutant sur les étrangers, les paysans, les femmes… Regrouper sous un même vocable les otaries et les libellules, les chevaux et les bonobos, empêche par ailleurs l’appréhension de la variété infinie des formes de vie avec lesquelles nous devons faire monde. En bien des lieux, cette opposition entre l’homme et l’animal, qui a fondé l’humanisme classique, est aujourd’hui en train de s’effondrer, permettant d’entrevoir de nouveaux rapports entre les différentes formes de vie, mais aussi entre les genres et les sexes. Pierre-Olivier Dittmar et Marta Segarra partageront leurs points de vue sur cette question et se demanderont où placer désormais les frontières de l’humain.
Modératrice : Lucie Delaporte, journaliste à Mediapart
En partenariat avec le CCCB de Barcelone





