Ferrier Michaël – 2014

Né en 1967, Michaël Ferrier est écrivain. Il réside à Tokyo, où il enseigne la littérature à l’Université Chuo et où il dirige le groupe de recherches « Figures de l’étranger », sur les représentations de l’altérité dans les sociétés contemporaines. Il est l’auteur de Kizu (La lézarde) (Arléa, 2004), Tokyo, petits portraits de l’aube (Gallimard, 2004), Sympathie pour le fantôme (Gallimard, 2010) et Fukushima, Récit d’un désastre (Gallimard 2012). Il a écrit le texte du film Le monde après Fukushima, réalisé par Kenichi Watanabe. Il a reçu en 2012 le Prix Edouard Glissant pour l’ensemble de son œuvre.

 

Extraits de Fukushima, Récit d’un désastre

« On peut très bien vivre dans des zones contaminées : c’est ce que nous assurent les partisans du nucléaire. Pas tout à fait comme avant, certes. Mais quand même. La demi-vie. Une certaine fraction des élites dirigeantes – avec la complicité ou l’indifférence des autres – est en train d’imposer, de manière si évidente qu’elle en devient aveuglante, une entreprise de domestication comme on en a rarement vu depuis l’avènement de l’humanité. »

« La route serpente entre les montagnes, plantée de cerisiers. Fukushima est la terre des cerisiers. Ils sont partout, dans les noms de lieux déjà : Sakurako, le « lac des cerisiers », Miharuzakurataki, le « cerisier-cascade de la région des trois printemps »… Tout un lexique enchanteur entouré d’une odeur vaporeuse et subtile, traversée d’arômes de sel et d’algue, aussi légère que du verre soufflé. Aujourd’hui, ils sont en fleur, indifférents à la rumeur des hommes, flambants, radieux et actifs. »